Dimanche, juin 25 2017

CEZANNE AU MUSEE D’ORSAY

296903Tout grand peintre au XIX°siècle se devait de maîtriser le paysage, la nature morte et le portrait à des degrés divers de l’excellence, certains étant plus portraitistes comme Ingres ou Manet, d’autres plus paysagistes comme « l’immense Pissarro » selon le mot de Cézanne lui-même. Lui, d’évidence, il était les trois, même si le paysagiste de la Sainte Victoire nous reste le plus familier. Raison de plus pour aller admirer ces cents soixante toiles venues des musées du monde entier que présente le musée d’Orsay tout l’été.

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Samedi, juin 24 2017

LES GENS

Quiconque a visité un jour un musée, à fortiori une exposition évènementielle n’aura pu qu’être frappé par le comportement des visiteurs. Passons sur ces troupes qui arpentent les musées courant vers les chefs-d’œuvre comme vers la terre promise par leurs guides estampillés de plus en plus souvent munis d’oreillettes où se recueille l’attention des propos qu’on diffuse « mezzo voce » ce qui est un progrès, mais qui regarde quoi ? Et qui regarde vraiment ? On peut se le demander. La foule s’écoule en flot continu comme le promeneur du dimanche fait les vitrines de Noël, sans trop pouvoir s’attarder car « ça pousse derrière » et il ne faut être ni trop près ni trop loin pour s’assurer de pouvoir voir ce qu’on veut voir. Dans le premier cas, on vous rappelle à l’ordre, dans le second, vous voyez le tableau derrière des nuques et des dos, ce qui, on l’admettra en perturbe un peu la contemplation. Observons donc « aussi » le comportement des visiteurs d’exposition, ainsi cette dame qui désigne à sa compagne, dans une vitrine un carnet de dessins, dont elle détourne immédiatement le regard, tranchant d’un ton définitif : « c’est bien ça ! » en passant distraitement à autre chose. Qu’a-t-elle donc retenu de si bien ? Sans doute le fait qu’un carnet de croquis est en soi intéressant et qu’il est plus important de le dire que de le regarder attentivement. Plus loin, on capte des bribes de conversations qui n’ont rien à voir avec le sujet de l’exposition mais permettent aux gens venus par curiosité de parler des dernières nouvelles et potins domestiques dont vous devenez « in petto » les témoins. Pourquoi pas après tout. Plus loin un téléphone sonne et un monsieur met un temps fou à le trouver dans ses poches ce qui vous énerve plus qu’il ne conviendrait. Mais il y a pire. C’est la manie de photographier. Tous s‘y adonnent, jeunes ou vieux, vous imposant la distance le temps du cliché ou y revenant plusieurs fois, puis se détournant aussi vite et attaquant le tableau suivant avec la même détermination. Prendre des clichés, prendre sans regarder autre chose que l’écran lorsqu’on prend la photo est typique de l’époque ; s’approprier d’abord pour en jouir plus tard ou bien l’oublier dans « sa bibliothèque » virtuelle, mais l’avoir, le posséder, voilà l’important. Malgré tout c’est Daniel Arasse qui nous a appris qu’on voyait mieux la peinture et ses détails sur cliché, mais cela suppose, et c’était son cas, une bonne connaissance « de visu » d’abord. C’est ainsi que les choses se passent tout le monde peut en faire l’expérience. On se dit que la culture qui se dispense de cette manière par un accès généralisé et distrait aux biens que nous dispensent les arts transforme comme on sait l’art en culture, c’est-à-dire en un certain sens en contraire de lui-même. Dure leçon pour ceux qui ont passé leur vie à faire de la culture un passage vers l’art. Mais ainsi va le monde, et la culture au culturel comme les fleuves à la mer.

Lundi, juin 12 2017

VENISE (suite) DAMIEN HIRST ENTRE RAFFINEMENT KITSCH ET GIGANTOMACHIE

D.Hirst_Demon_with_bowl_bronze.jpgDisons-le tout net, l’exposition monumentale au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana que nous offre (façon de parler) François Pinault, des derniers travaux de l’artiste Damien Hirst, estomaquent le visiteur.

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MON LION D'OR

moteur_d_avion.jpgcode_d_Hammourabi.jpgC’est peut-être un peu prétentieux de se mettre dans le rôle, mais si d’aventure j’avais à décerner le lion d’or de cette Biennale, mon choix serait vite fait car l’événement de cette Biennale pour moi est dans la découverte du magnifique et inattendu pavillon libanais exilé de l’autre côté du canal de l’Arsenal (on doit s’y rendre en bateau, ce qui fait qu’une infime partie des visiteurs le découvrent) où un artiste plasticien et musicien : Zad Moultaka propose avec « Soleil noir » une œuvre qui aurait mérité haut la main et très au-dessus du lot, le Lion d’or cette année.

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BIENNALE D'ART DE VENISE 2017: STIMULANT ARSENAL

muresan.jpgShimabuku.JPGL’Arsenal, souvent le meilleur y côtoie le pire, cette fois la surprise est plutôt bonne, la commissaire Christine Macel a opté pour une thématique qui s’articule en 9 séquences : Espace commun, Pavillon de la terre, Pavillon des traditions, Pavillon des Shamans Pavillon Dionysien, Pavillon des couleurs et Pavillon du temps et de l’infini. Projet ambitieux, en, partie réussi, notamment parce qu’on y rencontre de vraies œuvres et des itinéraires artistiques et non des œuvres de circonstance. On dira ce qu’on voudra, mais les meilleures éditions de la Biennale sont celles qui témoignent d’un parti-pris.

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BIENNALE D'ART DE VENISE 2017: TRISTES GIARDINI

mark_Bradford.jpgRetour aux Giardini, avec toujours la même curiosité. Mais cette fois pas de bousculade, pas d’affolement (nous sommes après d’un mois de l’ouverture !) cependant il faut faire la queue aux guichets et on ne vous admet qu’avec billet et carte d’identité comme dans les avions (sécurité oblige). Premier tour de piste. Une impression de cycle qui s’achève, comme une panne d’inspiration, les pavillons sont tristes, ternes, uniformes, on a l’impression d’avoir vu cela cent fois. Une impression d’Eurovision de l’art où tout le monde parle anglais et où tout se ressemble. Ce n’est plus le dialogue des arts du monde, c’est l’art vu par la culture unidimensionnelle d’inspiration américaine.

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Jeudi, juin 1 2017

POIGNÉES DE MAIN

Rencontre Emmanuel Macron - Donald Trump. Les médias en boucle ont salué la performance ; le jeune président français aurait serré la main de l’Américain sans fléchir alors que semble-t-il tous ses autres interlocuteurs, gênés par une poignée de main qui s’éternisait paraissaient davantage mal à l’aise. Et voilà revenue l’image du bras de fer des tables de bistrot d’antan où s’affrontaient les costauds du port. Fait-elle sens comme on croit, selon une sémiologie dont on sait au moins depuis Roland Barthes qu’elle est aussi polysémique?

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Dimanche, mai 21 2017

EN MARCHE SUR LE TAPIS ROUGE

Chaque année, à la même époque, Cannes déroule le tapis rouge sur lequel depuis 1946, des milliers de stars sont venues pour la montée des marches élevant ainsi au rang de mythe ce bout de moquette, piédestal des toutes les gloires médiatiques.

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Samedi, mai 13 2017

DOUBLE PATERNITÉ

Souvent les fils sont à la recherche de père (de mère aussi s’entend) mais pour le cas qui nous intéresse, nous prendrons la chose sous son angle métaphorique en observant l'actualité immédiate.

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Jeudi, mai 11 2017

LE SYMBOLE MACRON

Qu’est-ce qu’un symbole ? Les grecs qui ont inventé le terme ont aussi défini la chose : deux moitiés d’une statue ou d’une poterie qui lorsqu’on les rapproche n’en deviennent qu’une seule. Ainsi les ambassadeurs qu’on envoyait à l’étranger pouvaient se faire reconnaître de leur hôte grâce à ce procédé. Alors de quoi ce jeune président que l’on vient d’élire est-il le symbole ? Vers quoi fait-il signe ? De quelle autre moitié est-il le complément ou pour le dire autrement, quel est le revers de sa médaille ?

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Jeudi, mai 4 2017

LE POUVOIR DE L’ISOLOIR

Deux grands moments président désormais au rituel d’une élection, de surcroît présidentielle, celui du face-à-face de l’individu avec l’industrie de la communication de masse et celui de sa libre délibération face à lui-même. Autant dire qu’ils ne sont pas égaux devant le temps d’attention ou de présence qu’on leur accorde.

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Samedi, avril 8 2017

Pourquoi la culture est absente des programmes présidentiels ?

Chacun peut le constater, au-delà d’une liste de mesures à prendre dans leurs programmes, aucun candidat ne formule un projet culturel ambitieux pour la France comme tel. Rien d’étonnant à cela, l’économie, la stratégie, la défense, la question de l’immigration, le chômage, sont davantage sur le devant de la scène. Pas de projet culturel d’ensemble donc qui structure le discours des politiques et le soutienne. Aurions-nous affaire à une classe politique moins cultivée qu’avant ? Rien n’est moins sûr. S’agit-il alors de désintérêt ? Sans doute pas davantage. Quoi alors ?

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Samedi, mars 25 2017

PARLONS DU PRINTEMPS

Face à une campagne électorale qui chaque jour s’envase un peu plus et nous accable de révélations subalternes, levons un peu la tête vers la vraie campagne, juste assez pour voir les pâquerettes, les jonquilles, les camélias, les tulipiers de Virginie qui appellent tous le printemps. Hier encore, lorsque l’école obligeait l’écolier à apprendre des récitations par cœur, on découvrait Théophile Gautier : « tandis qu’à leurs œuvres perverses, les hommes courent haletants, Mars qui rit malgré les averses, prépare en secret le printemps ». C’est dans « Émaux et Camées, je crois », c’était il y a un siècle, on croirait que ça date d’hier.

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Jeudi, mars 23 2017

ÉLÉGANCE FRANÇAISE

On a longtemps loué l ‘élégance française, dans les mœurs, le vêtement, le langage. Il est vrai que ceci fut la marque d’une société à l’époque des lumières et que cela ne concernait au fond que ce qu’on appellerait aujourd’hui la classe dominante. Reste à savoir s’il n’y pas toujours, s’il n’y a pas forcément dans toute société une classe dominante, fût-ce même dans la Chine communiste comme on sait.

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Samedi, mars 11 2017

VOUS AVEZ DIT INAUDIBLE?

On entend, si j’ose dire, ce terme répété à longueur de journée par les commentateurs politiques : Le candidat F.Fillon serait devenu inaudible, et à sa suite les autres candidats et la campagne elle-même. La raison ?

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Jeudi, février 23 2017

UN CANDIDAT PAR DÉFAUT

Qu’on le veuille ou non, et quelques soient nos opinions ou préférences politiques, force est de constater que le spectacle de cette élection présidentielle ressemble à un paysage dévasté par le passage d’une tornade. Il y a ainsi des dérèglements politiques qui ressemblent à des dérèglements climatiques : Trump aux Étas-Unis, le Brexit en Grande Bretagne, en attendant les suivants sur une ligne de propagation qui ne nous épargnera probablement pas.

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Samedi, février 11 2017

PRESIDENTIELLES : LES IDÉES CULTURELLES DU MOMENT.

On a déjà pointé ici la faiblesse du débat politique sur la question de la culture dans ces présidentielles, pour s’intéresser à la question lorsqu’un candidat l’aborde, en l’occurrence il s’agit du « jeune Premier » de la politique, Emmanuel Macron dans une émission de France Culture.

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Lundi, janvier 30 2017

IL Y A 40 ANS, LE CENTRE GEORGES POMPIDOU

Il est des mois de janvier qui rendent plus diserts que d’autres. Non point que nous ayons manqué de sujets, mais à tout prendre, aucun ne m’a inspiré au point de me suggérer un propos. J’ai beaucoup voyagé, vu beaucoup d’expositions notamment parisiennes, à la fondation Vuitton la remarquable exposition Chtchoukine, à Beaubourg la nouvelle présentation du fonds d’art contemporain, remarquable, l’exposition de Cy Twombly (l’un des plus belles que j’ai vues et pourtant j’ai même visité son musée à Houston), l’expo Magritte belle mais à mes yeux un peu trop pédagogique », j'ai même vu au Quai Branly ou Musée Chirac comme on dit maintenant, l'exposition de la collection d'arts premiers de quelqu'un qui fait la une des médias pour d'autres motifs que ceux-là: Marc Ladreit de La Charrière. Outre un beau nom d'ancien régime, ce dernier porte aussi l'attention aux arts que célèbre le fameux musée. On y admire des chef d'œuvres d'art nègre surtout, mais à regarder de près les choses on s'aperçoit que cette collection n'a qu'un peu plus de dix ans. Bigre, comment faire une collection en si peu de temps? On s'aperçoit alors que 80% des pièces viennent de la galerie d'un célèbre marchand parisien. Bref tout cela sent un peu la salle des ventes et le catalogue des achats d'une personne qui a de l'argent. Y découvre-t-on une ligne directrice, un sens? Je ne l'ai guère trouvé, l'éclectisme et le prix supposé de ces œuvres fait l'intérêt de la collection. On aura compris de quoi il retourne. On hausserait les épaules pour un peu moins, ce qui étonne en revanche c'est la publicité qu'en fait le Musée du Quai Branly? serait-ce le tribut à payer à un grand mécène. Bref en ce début d’année, Paris était une fête pour les yeux et les spectacles n’étaient pas en reste.

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Samedi, décembre 31 2016

LE PROCHE ET LE LOINTAIN.

A chaque 31 décembre, il est courant de faire le bilan de l’année écoulée. Ce qui reste en mémoire des évènements récents varie selon les individus et leur vie personnelle mais exprime une tonalité générale. On dira que pour la plupart d’entre nous, celle-ci est sombre.

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Lundi, novembre 14 2016

FLUCTUAT NEC MERGITUR

De passage à Paris ces jours derniers, je suis "interpellé" c'est ainsi que l'on dit maintenant, par de très belles affiches qui proclamaient face à tous ceux qui se sont attaqués à cette ville: "Fluctuat nec mergitur" (je tangue mais ne coule pas) formule de marins, la seine n'est pas loin. Et je me disais: mais quelle inconséquence que celle de ces gouvernants dont la ministre de l'Education nationale qui supprime l'enseignement du latin à l'école et qui, voulant s'adresser à tous, ne trouvent rien de mieux à afficher qu'une sentence latine.On voit par là qu'entre ceux qui dirigent et ont été formés aux meilleures écoles et le peuple, il y a une distance difficile à combler! Le dire, est-ce du populisme ou simplement du bons sens?

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