Jeudi, août 10 2017

MUSÉES DE BILBAO

Une de ces journées de Pays Basque où les lourds nuages noirs s’accrochent aux montagnes, où la pluie cingle en venant de l’océan, où les éclaircies au loin se signalent par des arc-en-ciel fugitifs, bref un temps hors saison qui met le moral en berne. Que faire ? Loin des plages, la visite des musées s’impose. Ce sera Bilbao, son Guggenheim comme une carapace de squale gris brillant à la lumière, son Hush Puppy, son bouquet de tulipes en aluminium déposées là par Jeff Koons et son araignée géante conçue par louise Bourgeois. Les signes de l’art « contemporain » sont bien là.

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Lundi, juillet 24 2017

RAMUNTCHO

Qui, avait abandonné dans cette maison du Pays Basque où je me reposais cet été, « Ramuntcho », ce livre de Pierre Loti, lu trop tôt, trop mal, au point de me le faire considérer comme une particularité exotique au même titre que le Fandango, le jeu de pelote, les piments rouges et l’Iroulégui des coteaux ?

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Vendredi, juillet 7 2017

TÉLÉ CARMEN

L’œuvre lyrique la plus célèbre du patrimoine français, la réussite de Bizet qu’un temps, Nietzsche fâché contre Wagner opposait au grand maître de Bayreuth comme un hymne à la vie qui s’opposait aux passions sombres de la germanité était au programme du festival d’Aix en Provence. Malheureusement, je ne pouvais pas être à ce rendez-vous de la ville chaude aux fontaines moussues et aux beaux immeubles de pierre blonde, aux placettes traversées le soir après le concert qui semblent tout droit sorties d’un film italien des années cinquante, pas davantage à l’Archevêché où les voix des chanteurs font taire celle des martinets qui rasent la nuit en grandes glissades silencieuses. Un bémol cependant, Carmen était donnée au Grand théâtre de Provence, salle moderne mais fermée au ciel et vouée aux projecteurs. Le Russe Tcherniakov assurait la mise en scène dont on disait déjà grand bien. Frustration.

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Samedi, juillet 1 2017

LA CRAVATE

Décidément l’actualité politique nous donne plus d’un motif de réflexion ou d’étonnement sur des sujets plus futiles que graves. Ce qui retiendra notre attention cette fois, c’est le comportement du groupe des « Insoumis », - le mot est tout un programme -, entrant à l’Assemblée nationale. On aurait pu s’attendre à quelque déclaration tonitruante de son leader qui en a le talent, mais non, la question du jour de rentrée parlementaire aura été celle de la cravate. La porter ou pas ? M.Mélenchon lui-même la porte volontiers rouge mais son groupe semble-t-il, regimbe, au motif que le règlement de l’assemblée y fait obligation, c’est là son premier signe d’insoumission.

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Lundi, juin 26 2017

DAVID HOCKNEY AU CENTRE POMPIDOU

Je me suis souvent posé cette question : À quoi tient le fait que devant une exposition on se dise : « voilà je suis en présence d’un vrai peintre », (parfois un grand, et parfois non). Je crois finalement que cela tient en ceci que l’on perçoit ressent que l’artiste est aux prises avec un vrai propos de peintre ; quelqu‘un qui cherche et parfois trouve le moyen de dire le monde et la vie en peinture, quelqu’un qui en rend compte avec des moyens qui ne sont qu’à lui. Je ne sais pas au fond en l’écrivant si ma formule est bonne, mais il faut que je m’explique ce sentiment spontané, cette sorte d’intuition immédiate qui me donne cette impression. Ici, une peinture simple où se lisent les influences de Bacon, Dubuffet,, des futuristes italiens comme des abstraits Moriss Louis et Kenneth Noland qui donnent la mesure de ce qu'est cette peinture faussement naïve et absolument savante.viree_en_suisse.jpg

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Dimanche, juin 25 2017

CEZANNE AU MUSEE D’ORSAY

296903Tout grand peintre au XIX°siècle se devait de maîtriser le paysage, la nature morte et le portrait à des degrés divers de l’excellence, certains étant plus portraitistes comme Ingres ou Manet, d’autres plus paysagistes comme « l’immense Pissarro » selon le mot de Cézanne lui-même. Lui, d’évidence, il était les trois, même si le paysagiste de la Sainte Victoire nous reste le plus familier. Raison de plus pour aller admirer ces cents soixante toiles venues des musées du monde entier que présente le musée d’Orsay tout l’été.

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Samedi, juin 24 2017

LES GENS

Quiconque a visité un jour un musée, à fortiori une exposition évènementielle n’aura pu qu’être frappé par le comportement des visiteurs. Passons sur ces troupes qui arpentent les musées courant vers les chefs-d’œuvre comme vers la terre promise suivant leurs guides estampillés de plus en plus souvent munis d’oreillettes où se recueille l’attention des propos qu’on diffuse « mezzo voce » ce qui est un progrès, mais qui regarde quoi ? Et qui regarde vraiment ? On peut se le demander. La foule s’écoule en flot continu comme le promeneur du dimanche fait les vitrines de Noël, sans trop pouvoir s’attarder car « ça pousse derrière » et il ne faut être ni trop près ni trop loin pour s’assurer de pouvoir voir ce qu’on veut voir. Dans le premier cas, on vous rappelle à l’ordre, dans le second, vous voyez le tableau derrière des nuques et des dos, ce qui, on l’admettra en perturbe un peu la contemplation.

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Lundi, juin 12 2017

VENISE (suite) DAMIEN HIRST ENTRE RAFFINEMENT KITSCH ET GIGANTOMACHIE

D.Hirst_Demon_with_bowl_bronze.jpgDisons-le tout net, l’exposition monumentale au Palazzo Grassi et à la Punta della Dogana que nous offre (façon de parler) François Pinault, des derniers travaux de l’artiste Damien Hirst, estomaquent le visiteur.

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MON LION D'OR

moteur_d_avion.jpgcode_d_Hammourabi.jpgC’est peut-être un peu prétentieux de se mettre dans le rôle, mais si d’aventure j’avais à décerner le lion d’or de cette Biennale, mon choix serait vite fait car l’événement de cette Biennale pour moi est dans la découverte du magnifique et inattendu pavillon libanais exilé de l’autre côté du canal de l’Arsenal (on doit s’y rendre en bateau, ce qui fait qu’une infime partie des visiteurs le découvrent) où un artiste plasticien et musicien : Zad Moultaka propose avec « Soleil noir » une œuvre qui aurait mérité haut la main et très au-dessus du lot, le Lion d’or cette année.

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BIENNALE D'ART DE VENISE 2017: STIMULANT ARSENAL

muresan.jpgShimabuku.JPGL’Arsenal, souvent le meilleur y côtoie le pire, cette fois la surprise est plutôt bonne, la commissaire Christine Macel a opté pour une thématique qui s’articule en 9 séquences : Espace commun, Pavillon de la terre, Pavillon des traditions, Pavillon des Shamans Pavillon Dionysien, Pavillon des couleurs et Pavillon du temps et de l’infini. Projet ambitieux, en, partie réussi, notamment parce qu’on y rencontre de vraies œuvres et des itinéraires artistiques et non des œuvres de circonstance. On dira ce qu’on voudra, mais les meilleures éditions de la Biennale sont celles qui témoignent d’un parti-pris.

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BIENNALE D'ART DE VENISE 2017: TRISTES GIARDINI

mark_Bradford.jpgRetour aux Giardini, avec toujours la même curiosité. Mais cette fois pas de bousculade, pas d’affolement (nous sommes après d’un mois de l’ouverture !) cependant il faut faire la queue aux guichets et on ne vous admet qu’avec billet et carte d’identité comme dans les avions (sécurité oblige). Premier tour de piste. Une impression de cycle qui s’achève, comme une panne d’inspiration, les pavillons sont tristes, ternes, uniformes, on a l’impression d’avoir vu cela cent fois. Une impression d’Eurovision de l’art où tout le monde parle anglais et où tout se ressemble. Ce n’est plus le dialogue des arts du monde, c’est l’art vu par la culture unidimensionnelle d’inspiration américaine.

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Jeudi, juin 1 2017

POIGNÉES DE MAIN

Rencontre Emmanuel Macron - Donald Trump. Les médias en boucle ont salué la performance ; le jeune président français aurait serré la main de l’Américain sans fléchir alors que semble-t-il tous ses autres interlocuteurs, gênés par une poignée de main qui s’éternisait paraissaient davantage mal à l’aise. Et voilà revenue l’image du bras de fer des tables de bistrot d’antan où s’affrontaient les costauds du port. Fait-elle sens comme on croit, selon une sémiologie dont on sait au moins depuis Roland Barthes qu’elle est aussi polysémique?

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Dimanche, mai 21 2017

EN MARCHE SUR LE TAPIS ROUGE

Chaque année, à la même époque, Cannes déroule le tapis rouge sur lequel depuis 1946, des milliers de stars sont venues pour la montée des marches élevant ainsi au rang de mythe ce bout de moquette, piédestal des toutes les gloires médiatiques.

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Samedi, mai 13 2017

DOUBLE PATERNITÉ

Souvent les fils sont à la recherche de père (de mère aussi s’entend) mais pour le cas qui nous intéresse, nous prendrons la chose sous son angle métaphorique en observant l'actualité immédiate.

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Jeudi, mai 11 2017

LE SYMBOLE MACRON

Qu’est-ce qu’un symbole ? Les grecs qui ont inventé le terme ont aussi défini la chose : deux moitiés d’une statue ou d’une poterie qui lorsqu’on les rapproche n’en deviennent qu’une seule. Ainsi les ambassadeurs qu’on envoyait à l’étranger pouvaient se faire reconnaître de leur hôte grâce à ce procédé. Alors de quoi ce jeune président que l’on vient d’élire est-il le symbole ? Vers quoi fait-il signe ? De quelle autre moitié est-il le complément ou pour le dire autrement, quel est le revers de sa médaille ?

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Jeudi, mai 4 2017

LE POUVOIR DE L’ISOLOIR

Deux grands moments président désormais au rituel d’une élection, de surcroît présidentielle, celui du face-à-face de l’individu avec l’industrie de la communication de masse et celui de sa libre délibération face à lui-même. Autant dire qu’ils ne sont pas égaux devant le temps d’attention ou de présence qu’on leur accorde.

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Samedi, avril 8 2017

Pourquoi la culture est absente des programmes présidentiels ?

Chacun peut le constater, au-delà d’une liste de mesures à prendre dans leurs programmes, aucun candidat ne formule un projet culturel ambitieux pour la France comme tel. Rien d’étonnant à cela, l’économie, la stratégie, la défense, la question de l’immigration, le chômage, sont davantage sur le devant de la scène. Pas de projet culturel d’ensemble donc qui structure le discours des politiques et le soutienne. Aurions-nous affaire à une classe politique moins cultivée qu’avant ? Rien n’est moins sûr. S’agit-il alors de désintérêt ? Sans doute pas davantage. Quoi alors ?

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Samedi, mars 25 2017

PARLONS DU PRINTEMPS

Face à une campagne électorale qui chaque jour s’envase un peu plus et nous accable de révélations subalternes, levons un peu la tête vers la vraie campagne, juste assez pour voir les pâquerettes, les jonquilles, les camélias, les tulipiers de Virginie qui appellent tous le printemps. Hier encore, lorsque l’école obligeait l’écolier à apprendre des récitations par cœur, on découvrait Théophile Gautier : « tandis qu’à leurs œuvres perverses, les hommes courent haletants, Mars qui rit malgré les averses, prépare en secret le printemps ». C’est dans « Émaux et Camées, je crois », c’était il y a un siècle, on croirait que ça date d’hier.

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Jeudi, mars 23 2017

ÉLÉGANCE FRANÇAISE

On a longtemps loué l ‘élégance française, dans les mœurs, le vêtement, le langage. Il est vrai que ceci fut la marque d’une société à l’époque des lumières et que cela ne concernait au fond que ce qu’on appellerait aujourd’hui la classe dominante. Reste à savoir s’il n’y pas toujours, s’il n’y a pas forcément dans toute société une classe dominante, fût-ce même dans la Chine communiste comme on sait.

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Samedi, mars 11 2017

VOUS AVEZ DIT INAUDIBLE?

On entend, si j’ose dire, ce terme répété à longueur de journée par les commentateurs politiques : Le candidat F.Fillon serait devenu inaudible, et à sa suite les autres candidats et la campagne elle-même. La raison ?

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