Samedi, mai 12 2012

SYMBOLIQUE DE L'ART

On l’aura remarqué parce que la communication est importante sur cet événement et que le nom de l’artiste Daniel Buren est connu, mais, la « mise en couleur » qu’il a réalisée au Grand palais à Paris dans le cadre de « Monumenta », mérite qu’on y consacre quelque attention.

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Jeudi, mai 3 2012

LA TRIENNALE DU PALAIS DE TOKYO

blindVisite de l’exposition : « Intense Proximité » au Palais de Tokyo agrandi, dans le cadre de la nouvelle triennale d’art contemporain de Paris. Et s’il fallait une preuve ou une démonstration du pilotage erratique dont a fait preuve la politique artistique du Ministère de la culture, c’est là qu’on la trouverait.

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Mardi, avril 24 2012

MORT D'UN DIRECTEUR DE THEÂTRE

« Lorsqu’un vieillard meurt, dit-on en Afrique, c’est une bibliothèque qui brûle ». Adaptons la formule pour nous et ce milieu particulier de la culture et singulièrement du théâtre. L’un des nôtres vient de mourir. Je dis, l’un des nôtres, un peu par esprit de corps, par reconnaissance des affinités et des tâches que nous avons accomplies parfois ensemble, parfois à côté et le plus souvent dans le même sens. René Gonzales, « Gonzalo » pour les plus familiers, ceux du métier par exemple, fut un grand directeur de théâtre, davantage même, il fut un créateur de théâtre. Non pas de ce qui se fait sur une scène qui est la part de l’artiste, mais de tout ce dont l’artiste a besoin pour pouvoir avoir une scène, et un public, à sa disposition. De ce point de vue, Gonzales fut grand. Il commença au TGP de Saint-Denis, puis à la MC93 de Bobigny dont il fit un lieu exemplaire et innovant, il fut l’éphémère directeur de l’Opéra Bastille avant de reprendre ce projet du Théâtre de Vidy à Lausanne dont il fit l’un des lieux de théâtre les plus vivants d’Europe. C’est là, dans ce théâtre au bord de l’eau qu’il accueillit quelques-uns des meilleurs créateurs de théâtre dont il produisait les œuvres, dont il assurait la diffusion et la promotion assurant ainsi leur rayonnement. Je dois dire que, lorsqu’on franchissait les portes de ce lieu, lorsqu’on voyait comment son directeur en avait agencé les différentes scènes qu’il offrait à ses invités, comment il accueillait son public avec son espace de restauration, sa librairie, son parc, son lac, on sentait qu’on était « chez quelqu’un » et non pas nulle part. Du reste, il était toujours là, et pratiquement jusqu’au bout, le soir notamment pour accueillir son public et lancer les spectacles (plus de cinq cents représentations par an !). Ensuite, il allait se coucher, cédant à son mal, à son « crabe », comme il disait après d’autres. Il aura tenu debout, jusqu’au bout, parlé de théâtre jusqu’au bout selon le témoignage de ses intimes. Il faut encore donner de lui cette image de l’enthousiasme qui le portait vers la création et la nouveauté, vers la découverte. René était généreux, son regard était lumineux et si l’on partageait cette passion commune du théâtre, on était avec lui dans un rapport amical de long cours. Tous ceux qui ont connu et travaillé avec René Gonzalès ont perdu un ami et une vigie dans le paysage du théâtre contemporain.

Samedi, avril 14 2012

LES GRANDS RÉCITS

C’est ce qui frappe dans cette campagne électorale, cette attente, cette aspiration populaire pour les grands récits. Les gens ont envie qu’on leur raconte la France, leur France sous la forme de grands récits.

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Jeudi, avril 5 2012

RETOUR SUR LA PRINCESSE DE CLÈVES

On se souvient de cette polémique ouverte au début du quinquennat sur l’opportunité ou non de mettre « la Princesse de Clèves » au programme de certains concours administratifs de catégorie élémentaires au motif que ces références culturelles étaient de nature à discriminer ceux qui n’avaient pas fait des études en rapport. Tollé dans les milieux culturels et intellectuels, pétitions, lectures publiques de l’oeuvre dans les écoles, rondes de protestation devant la Sorbonne, stigmatisation des goûts culturels du nouveau président de la République.

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RETOUR SUR LA PRINCESSE DE CLÈVES

On se souvient de cette polémique ouverte au début du quinquennat sur l’opportunité ou non de mettre « la Princesse de Clèves » au programme de certains concours administratifs de catégorie élémentaires au motif que ces références culturelles étaient de nature à discriminer ceux qui n’avaient pas fait des études en rapport. Tollé dans les milieux culturels et intellectuels, pétitions, lectures publiques de l’oeuvre dans les écoles, rondes de protestation devant la Sorbonne, stigmatisation des goûts culturels du nouveau président de la République.

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Samedi, février 25 2012

LA CÉRÉMONIE

Cesar.jpg

Avec la cérémonie des César qui récompense le monde du cinéma on est sur un autre registre que lors des « victoires de la musique » ou des « Molières » pour le théâtre. Dans le premier cas il y a le côté « policé » des mœurs du monde du classique : grands interprètes et grands instrumentistes qui sont d’abord passés par de dures écoles et conservatoires et qui allient la performance et le talent à un travail de tous les instants. Leur présentation s’en ressent même si elle n’est pas exempte de fantaisie. Avec le monde de la variété et de la chanson, on aborde sur une planète plus folle, plus jeune aussi dans l’ensemble et plus décontractée. La plupart du temps, elle fleure bon sa banlieue, son métissage et son appétit d’exister. Avec les « Molières » on est sur un registre plus ronchon. Normal, c’est celui du monde subventionné. Personne n’y est satisfait de son sort et l’inévitable « intermittent » y vient faire la leçon au monde entier sur l’injustice que subit cette si noble profession. Au bout du compte on se lasse et les acteurs eux-mêmes s’entredéchirent à tel point qu’on ne sait jamais si la cérémonie aura lieu ou non. Avec le cinéma, on est ailleurs.

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Samedi, février 11 2012

INTOLÉRANCE

Et voilà qu’une fois de plus, éclate dans notre beau pays, une de ces querelles dont nous avons le secret et secrètement le goût. Sa forme en est généralement l’anathème, son contenu le sens caché, et sa destination l’adversaire politique du moment

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Vendredi, février 3 2012

SOLLERS: L'ÉCLAIRCIE

Lecture du dernier livre de Ph.Sollers. Je suis vis-à-vis de cet écrivain dans le même état où j’étais lorsque Godard faisait encore des films : en attente de quelque chose de notre présent. Un regard, une voix, un style, un propos. Godard nous parlait d’un monde, le nôtre, avec le recours de la fiction et du commentaire, Sollers c’est un peu la même chose, des romans qui sont autant de confidences, ratiocinations, compte rendus de lectures, de visites d’expositions, de réflexions.

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Lundi, janvier 30 2012

Humeur du temps

Au début de Janvier, nous avons eu le rapport d’olivier Donnat sur le comportement culturel des Français (période 1973/2008). Les tendances déjà à l’œuvre se confirment : Internet prend de plus en plus de place dans cette « culture chez soi » que pointent les sociologues, la culture d’écran est de plus en plus dominante chez les jeunes mais aussi chez les adultes d’une manière plus générale.

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Lundi, décembre 26 2011

CLIMAT DE FIN D'ANNÉE

« J’ai toujours vu le monde changer et changer les idées que l’on s’en fait » déclarait un philosophe âgé et qui en avait vu bien d’autres. La phrase, en soi, ne manque pas de bon sens. Les évènements nous changent plus vite peut-être que le monde ne change lui-même.

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Jeudi, décembre 1 2011

ET MAINTENANT LE LIVRE!

Je n’y peux rien, je ne peux me départir du malaise que j’éprouve devant l’affaire Lybienne. On a eu ces coups de théâtre successifs avec rencontres à l’Élysée organisées par BHL et commentées par lui, on a eu les frappes de l’OTAN et la conduite d’une guerre où la France était partie prenante, oh combien, et puis une issue semble-t-il conforme aux souhaits de la plupart, l’élimination d’un tyran et la libération d’un peuple. Cela, c’est l’apparence des choses, enfin, c’est ce que l’on voit.

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Mardi, novembre 1 2011

NOS SCANDALES DÉMOCRATIQUES

Voici qu'une nouvelle fois surgit un scandale à propos de la religion. Nous avions eu, au début de l'année, une première polémique à propos de l'oeuvre: "Piss Christ" d'Andres Serrano. Voici que ça recommence au théâtre avec l'oeuvre, jugée blasphématoire, de l'italien Romeo Castellucci: "Sur le concept du visage du fils de Dieu" présentée en Avignon l'été dernier et au Théâtre de la ville de Paris cet automne.

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Jeudi, octobre 27 2011

RÉVOLUTIONS ARABES, SUITE

LIBYE ET AUTRES RÉVOLUTIONS ARABES

Voilà, nous en sommes rendus au moment de vérité, les révolutions du Printemps ont liquidé leurs dictatures et leurs dictateurs au passage. Le vieux Moubarak comparaît sur une civière au tribunal des vainqueurs, Ben Ali, malade est encore protégé quelque part en Arabie Saoudite et Khadafi est assassiné comme un rat dans un égout de la ville de Syrte. On a vu ces images, elles sont atroces. Le personnage n’était pas bien ragoûtant, mais tout de même, le lynchage public reste ce qu’il est, une horreur. Et maintenant ? Maintenant que vient le temps des urnes, il se passe ce qui s’est passé, il y a trente ans en Iran, les Islamistes emportent les élections. Les apprentis sorciers obtiennent ce qu’ils craignaient, une autre férule dont il sera beaucoup plus difficile de s’affranchir. Les classes moyennes tunisiennes qui aspiraient à davantage de liberté découvrent que les chefs islamistes venus de l’Europe ou du Moyen-Orient, prennent les rênes que leur offre un peuple en majorité analphabète. Le régime Lybien présidé par l’ancien ministre de la justice de Khadafi proclame la Charia. Que fera l’Égypte toujours suspendue aux subsides américains ? Cela ne saurait invalider le mouvement populaire dans ses convulsions libératrices, mais qui peut contrôler ces masses non éduquées sinon la tyrannie ou la religion et bien souvent, comme on sait, les deux réunies. On découvre ce qu’on savait déjà, que la démocratie convient aux sociétés éduquées. Silence et embarras des capitales occidentales et de l’OTAN. Le moment de vérité vient toujours tôt ou tard.

Dimanche, octobre 23 2011

FIAC 2011 ET BIENNALE DE LYON

robert Kusmirowski On a dit beaucoup de bien de la dernière FIAC, qui ayant renoué, avec une trentaine de galeries américaines de retour cette année, aurait retrouvé son standing international. C’est assez vrai et en même temps, un peu triste. En effet, cette manifestation ressemble à s’y méprendre à toutes celles qui plantent leur drapeau ici et là dans les métropoles planétaires. Aussi bien on y retrouve les mêmes galeries, les mêmes artistes. C’est à se demander si le succès ou l’échec de ce genre de manifestations ne se mesure pas au nombre de noms « incontournables » qu’on a ou qu’on n’a pas à présenter. On visite donc cette foire avec le plus grand intérêt, mais un intérêt documentaire pour qui s’intéresse à l’art qui se fait. L’intérêt marchand est autre chose, il a besoin lui, bien sûr, de valeurs reconnues et estampillées, garanties par de grandes galeries ayant pignon sur rue, pour investir et c’est sans doute le but de ces grandes foires. De ce point de vue, la Fiac tient son rang. Quant à moi, même si j’y ai vu certaines oeuvres intéressantes, je suis un peu resté sur ma faim. Mon coup de cœur cependant, pour une œuvre d’Antony Caro, une pièce de ce maître de l’école anglaise de la sculpture proposée à 140 000£, une vraie merveille.

Le lendemain, j’ai visité la Biennale de Lyon. Je n’avais pas vu la précédente, mais celle-ci m’a paru épatante. La ville s’est couverte de lieux propices à présenter de l’art contemporain : site des Confluences, Musée d’Art Contemporain. C’est à ce genre de dispositifs qu’on mesure l’ambition d’une ville. J’ai connu Lyon sans ces équipements, la Halle Garnier faisait office de vitrine, mais quelques années plus tard, la ville avait changé et basculé dans le bon sens, était devenue une vraie grande métropole culturelle. Aux Confluences donc, l’exposition s’ouvre sur un « tombé de rideau » de Ulla Von Brandenburg, du plus bel effet. Avant qu’on ne contourne le site circulaire d’une bibliothèque incroyable due à l’artiste Polonais Robert kusmirowski que l’on ne peut voir que du premier étage comme si on y pénétrait par le toit. On se souvient que cet artiste avait déjà frappé fort au Barbican de Londres transformé en Bunker. Là on est dans une sorte de tour de Babel (allusion à Borges) murs couverts de livres, tas de livres au centre comme un débarras, un grenier à rats ou qui sait un bûcher en préparation et puis des machines du siècle dernier, des outils pour on ne sait plus quels usages, des meubles de bureau ou d’atelier, enfin des dispositifs qui indiquent un usage mais dont il est difficile de savoir lequel. Plus loin, un certain Arthur Bispo do Rosario, Brésilien né avec le siècle dernier et décédé en 89 qui mélange des techniques d’art brut, de couture et de tissage pour célébrer la gloire de Jésus, de Marie et pour faire l’inventaire minutieux de ses contemporains morts dont il dresse la liste. Une de ces œuvres à mi-chemin du profane et du sacré, du primitif et du conceptuel, que l’époque peut mieux comprendre aujourd’hui qu’autrefois. Beaucoup de dessins ensuite, ceux de Marlène Dumas, toujours aussi saisissants, mais aussi ceux d’Hannah Van Bart, du chinois Yun Fei Ji, ou encore les grands pastels de Marina de Caro, sans compter les étourdissants dessins érotiques de Ruyh Laskey. En somme, une Biennale comme on les aime, avec beaucoup de découvertes, des œuvres fortes dans un environnement adéquat et puis des confirmations, comme ce retour du dessin dans l’art après l’époque où l’on n’apprenait plus le métier dans les écoles d’art. Un encouragement pour l’avenir.

Dimanche, août 28 2011

ce mois d'Août 2011

La crise des bourses nous est tombée dessus à la façon d’une hausse des températures qui, elle, se faisait attendre. De fait, tout baissait de conserve, le thermomètre et les indicateurs financiers. Le monde occidental se réveillait endetté comme jamais et pour faire bonne mesure, les agences de notation touchaient à un tabou en décernant aux Américains une note inférieure à la coutume, le fameux triple A dont tout le monde a fini par découvrir l’existence. Jusque-là, nous autres Français, nous ne connaissions ce type de notation que pour l’andouillette. Eh bien il faudra nous y faire, cette notation sert aussi à autre chose et tant pis pour la charcuterie !

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Vendredi, juillet 29 2011

EFFET DE ZOOM: JUILLET 2011

Le feuilleton DSK continue, la guerre en Lybie et en Afghanistan aussi, les vacanciers qui se sont entassés sur les routes pour aller vers le soleil pataugent dans l’eau, l’été est pourri. Il tombe des cordes et les agriculteurs sont toujours mécontents, on n’achète pas leurs fruits aux prix convenables et il n’y a pas assez d’eau pour leurs céréales, seuls les congés payés apaisent le climat des usines mais les employés des transports publics et aériens menacent de faire grève. Nous sommes en France ; Justement, une chose, et une seule, apaise les esprits, c’est le Tour de France cycliste. Cette année, nous avons un champion comme on les aime, un second, un Poulidor, un vrai héros national, un héros par défaut, douze fois maillot jaune dans le tour et absent du podium à l’arrivée. En France on n’aime jamais tant que ceux qui perdent, les gagnants, les premiers, les providentiels nous exaspèrent. La preuve, le film « le Grand Charles » sur De Gaulle passé sur Arte le 28 Juillet a recueilli moins de 2% de téléspectateurs qui regardaient à ce moment-là, « Police scientifique et les experts » sur TF1. C’est dans l’ordre des choses, il n’y a qu’en Avignon que l’on pense que la démocratisation culturelle est en cours

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Jeudi, juin 9 2011

VENISE 54° BIENNALE

char-training.JPGsigalit_Landau.JPGLa fièvre qui s’empare de cette ville d’art au temps de la Biennale d’art est quelque chose d’étonnant, il faut dire que la concentration des professionnels de l’art ( plus de 4500 journalistes, plus de 20 000 accrédités) des milliers d’artistes, on a là un concentré assez rare de ce que l’art contemporain mobilise d’énergie et de talent.

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Jeudi, mai 19 2011

CANNES 2011

cannes

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Mardi, avril 26 2011

BLASPHÈME, ART ET RELIGION

On a appris récemment que le « jour des rameaux », un petit commando de militants catholiques avait fait irruption dans le musée de la collection Lambert en Avignon pour tenter d’y détruire deux œuvres de l’artiste américain Andrès Serrano jugées blasphématoires.

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