Jeudi, mai 28 2015

LE PRÉSIDENT ET LES CHRYSANTHÈMES

Le général De Gaulle voulait en finir avec cette tradition issue de la IV° République où, selon sa formule, les présidents inauguraient les chrysanthèmes. Avec le président Hollande, qui a un peu le profil de ces présidents de la IV°, nous voilà revenus aux temps des chrysanthèmes. En aura-t-il fait des commémorations et des célébrations cette dernière année ! Il est vrai que le calendrier lui offrait le centenaire de14/18, le 70° anniversaire du débarquement et maintenant le Panthéon, ce grand « marqueur » de légitimité socialiste depuis que Mitterrand l’avait choisi pour inaugurer le retour de la gauche au pouvoir. Hollande ne s’y est pas trompé, c’est à croire qu’il y a pris goût.

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Samedi, mai 23 2015

LA PALME D’OR

Jusqu’en 1954, le festival international du film de Cannes ne décernait qu’un grand prix. Puis est arrivé le moment où on a voulu lui donner un emblème tiré des armoiries de la ville de Cannes et forgé par les joaillers de l’endroit, une palme en or.

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Lundi, mai 18 2015

LE SPECTACLE AU COEUR le nouveau livre de marc Bélit

Les spectacles n'existent que dans la mémoire de ceux qui les ont vus. C'est en partant de cette forte observation de Peter Brook que Marc Bélit a puisé la force de revisiter 40 ans de spectacles vus au Parvis ou ailleurs dont il recense en une centaine d'entrées (comme au théâtre) l'apparition sur la scène de la mémoire. Youtube:https://www.youtube.com/watch?v=-9r_S_GuELA

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Samedi, mai 16 2015

RÉFORME DU COLLÈGE (suite)

La jeune ministre de l’Éducation Nationale s’énerve : ceux qui la critiquent sont de « pseudo intellectuels », pire encore, « de droite », de mauvaise foi ou encore « idéologues ». Dans cette énumération fantaisiste qui exprime l’impatience et l’agacement de quelqu’un qui n’aime pas être contredit, il y a une vérité. Ce débat est aussi idéologique en plus d’être technique.

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Jeudi, avril 30 2015

CES RÉFORMES QUI DIVISENT

Nous le savons depuis longtemps, réformer, c’est mécontenter car c’est changer les habitudes et l’on sait bien que la légitimité nait de la longue habitude. Cela étant dit, il y a des réformes qui contentent les uns et mécontentent les autres, le mariage pour tous en fut un exemple, la réforme des professions médicales ou celle des notaires aussi, sans parler de celle des taxis. Mais il est un domaine où l’intérêt général est en jeu et dans lequel à priori on discerne mal ce qui favorise les uns au détriment des autres. Je veux parler de l’éducation nationale qui est un bien commun, une ambition commune, et dans lequel, s’il y a bien quelques intérêts catégoriels en jeu, l’essentiel n’est pas là, l’essentiel étant de donner un bon enseignement (accessoirement une bonne éducation) aux enfants de la République. Tout le monde devrait être d’accord sur ce point.

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Mardi, avril 28 2015

CÉRÉMONIE DES MOLIÈRES

Vu la cérémonie des « Molières » à la télévision, ou : « comment parler d’un genre, d’un art qui paraît si loin aujourd’hui du divertissement public ? » Réponse : En faisant plus vulgaire et démago que le divertissement télévisuel ordinaire lui-même. Pour cela, on prend un comique de café-théâtre qui porte un nom reconnu et n’est pas néanmoins sans talent, le fils Bedos, du reste dans ce domaine, il n’y a désormais que des « fils de… » partout, et voilà l’affaire. Ce qui en sort est à la mesure de ce qui y entre. Il s’agit de faire court, drôle et de ne pas perdre trop de téléspectateurs en environ deux heures d’émission tardive sur une chaine du service public. Alors, on a droit à tout, un type à poil qui vient dire un texte sur la misère des auteurs et celle des intermittents, bon ! Des remettants et des nominés faisant assaut de vulgarité, une jolie jeune femme nous prenant à témoin que son producteur a de belles couilles (sic), bien ballantes et concluant son propos d’un « putain ! » retentissant comme dans une salle de conscrits au conseil de révision, et tout à l’avenant. On regarde, on se frotte les yeux : est-ce cela les acteurs de théâtre aujourd’hui ? Ces jolies filles fagotées à la six quatre deux, ces garçons barbus, dépeignés portant des pantalons à mi mollets comme on les voit sur les magazines de mode chez le dentiste. Sont-ce là les acteurs de Tchekhov, de Racine, de Shakespeare ? Et puis on a la réponse : c’est la fête, nous dit l’animateur, du théâtre privé et du théâtre public, d’ailleurs, il n’y a plus de différence ! Ah, la voilà la belle affaire, c’était donc ça qu’il y avait à comprendre : il n’y a plus de différence ! Le théâtre de boulevard, c’est la même chose que le théâtre de Brecht et Pouchkine vaut une paire de bottes comme on disait dans le temps ! La démonstration en est faite ! Du reste à l’issue de l’émission que j’ai regardée jusqu’au bout, j’étais incapable de me souvenir qui avait eu le prix de l’un et le prix de l’autre. Tous dans le même sac, l’émission avait atteint son but. Elle n’était ni plus ni moins intéressante qu’une émission de divertissement où l’on voit des vedettes ou supposées telles dire des gros mots devant une ministre embarrassée, une assistance convenue et quelques officiels réfrigérés. En revanche, l’animateur, lui a mouillé sa chemise et au passage, écrivant les textes regonflé son égo par un tour de passe-passe astucieux qui consistait à faire prendre du café théâtre pour du théâtre et des vessies pour des lanternes. Comment appelle-t-on ça : un ersatz? À moins qu’on ne se soit pas encore rendu compte que le café avait refroidi. Mais non, on se frotte les yeux, on reprend le chemin des salles de théâtre, on se souvient de ce qu’on a vu et on se dit que décidément, l’art et la télé, ça fait deux !

Dimanche, avril 19 2015

MARKUS LÜPERTZ , ARTISTE ALLEMAND.

Si, pour parler de ce peintre et sculpteur dont le Musée d’art moderne de la ville de Paris vient de monter la première grande rétrospective parisienne (après avoir montré la donation Werner en 2012 qui comportait déjà beaucoup d’œuvres), il faut évoquer le courant néo expressionniste allemand où l’on trouve Baselitz ou Polke, cela n’épuise pas le sujet. Markus Lüpertz est en effet un artiste original qui s’est assez vite émancipé des courants dominants de son époque et de son pays. Son œuvre se prête en effet à une multiplicité de lectures. Les quelque 200 tableaux et sculptures présentées dans cette exposition en donnent une idée.

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Samedi, avril 18 2015

LA BELLE « CERISAIE » DE LEV DODINE.

Je commencerai par « La cerisaie » et Lev Dodine que j’avais découvert en France .grâce à Patrick Sommier déjà. J’avais ensuite profité d’un voyage à St Petersbourg tout juste sorti de l’ère soviétique.

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Vendredi, avril 3 2015

LA MORT D’OLIVEIRA

Oser dire : « moi aussi cette mort me touche », est déjà en soi un peu prétentieux. Elle me touche comme des milliers de gens, en tout cas, comme ceux qui ont vu, découvert, aimé ses films si singuliers.

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Lundi, mars 9 2015

Philippe Tiry une grande figure de la décentralisation culturelle

C’est donc un dimanche de mars que Philippe Tiry a choisi pour quitter la scène sur laquelle il a entraîné nombre d’acteurs majeurs de la décentralisation culturelle en France. Nombreux sont ceux, parmi lesquels je me compte, qui se sentent un peu orphelins désormais.

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Dimanche, mars 1 2015

LA GRANDE HISTOIRE PRODUIT PARFOIS DE PETITS HOMMES

À une époque où il faut frapper l’imagination des foules, impressionner les esprits faibles, terroriser les consciences, la recette ne change pas, c’est la pratique de la terreur qu’on emploie. Ce qui change, c’est la forme et la mise en scène. Nous venons d’en être témoins à quelques mois d’intervalle avec ces guerres modernes dont l’épicentre se trouve au Moyen-Orient.

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Samedi, février 21 2015

SPORT ET POLITIQUE

J’aime bien le rugby, ou pour être plus précis, je l’aimais bien, cette lutte des packs avant, ces chevauchées sur les ailes, ces déferlantes vers l’en-but me réjouissaient dans le froid des tribunes ou dans la tiédeur d’un salon de télévision lorsqu’il m’arrivait de regarder chez moi les matches du tournoi des cinq, puis six nations. Mais, à vous dire le vrai, je ne m’y retrouve plus.

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Samedi, février 7 2015

LES EXPERTS ET LES MERCENAIRES

J’ai, comme de nombreux spectateurs, regardé auprès d’un bon feu, la finale du championnat du monde de Hand-Ball retransmise du Qatar avec, je dois dire, une impression étrange. Voilà donc que se jouait dans un improbable pays du golfe dont on n’avait jamais appris qu’il possédât une équipe et encore moins une tradition sportive dans ce domaine, la coupe du monde de Hand-ball.

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Vendredi, février 6 2015

LA NEIGE ETC…

La neige qui tombe me met en état de manque poétique. Quelque chose de l’enfance, qui en moi se réveille, comme si le monde, soudain venait de recommencer. Il a neigé cette nuit et nous voilà tout surpris, surtout si on ne l’a pas vue venir et qu’on se réveille au matin sous ce blanc qui a comme fixé au sol la lumière gelée de la lune. Que faire alors ? Le plus urgent est d’aller dans la bibliothèque à la recherche d’un recueil de Basho. Justement, je ne le retrouve pas, mais je mets la main sur un haïku de Buson : « le bruit des branches qui cassent/sous la neige/j’entends le bruit de cette nuit ».

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Mardi, février 3 2015

COMMENÇONS par le commencement, ou recommençons par…BISSIERE !

C’était donc en 65, étudiant, je venais d’aménager à Bordeaux pour préparer ma thèse. Je lus, sur, une affiche : « Expo Bissière », premier éblouissement. Bissière était encore dans l’actualité. L’année précédente, il avait représenté la France à la biennale de Venise tout le monde attendait son sacre, et avec lui celui de la seconde école de Paris qu’on désignait comme « Abstraction lyrique ». Et c’est Rauschenberg, le jeune artiste américain qui fut désigné. Cette date de 64 marque alors la fin de la prééminence française en peinture, la fin d’une époque et d’une vision du monde.

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Dimanche, février 1 2015

NUIT DU RAGA À LA PHILHARMONIE DE PARIS

Soirée consacrée à la musique indienne, à la nouvelle Philharmonie de Paris. Le Raga, cette musique faite pour « colorer l’esprit et lui procurer du plaisir »qui date de mille ans se caractérise par l’association d’une structure musicale avec un état émotionnel, une saison ou un moment de la journée. Son but est de procurer un ravissement esthétique, de donner une saveur particulière aux choses, notion cardinale dans la pensée esthétique indienne. C’est donc un cadre mélodique qui se prête parfaitement à la composition et à l’improvisation, une entité dynamique possédant une forme unique qui incarne une idée musicale. Un raga rassemble un grand nombre de thèmes composés par de grands compositeurs du passé ce qui n’empêche pas la création des musiciens actuels et ainsi se génère une variété infinie de séquences mélodiques dans le cadre d’un raga donné.

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LES COUACS DE LA PHILARMONIE

J’ai dit mon plaisir d’avoir pu assister à la « nuit du Raga » à la toute nouvelle Philharmonie de Paris, j’ai dit la réussite esthétique et acoustique de la salle conçue par Jean Nouvel qui a accompli le tour de force de ne présenter aucun angle dans cet espace où circule le son sans aspérités.

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Lundi, janvier 12 2015

APRÈS CHARLIE

Difficile ou trop facile d’écrire sous le coup de l’émotion. La pente naturelle en est l’indignation, la révolte contre le crime et la bêtise, la violence et cette façon de croire supprimer les problèmes en anéantissant ceux qui semblent en être la cause. À y regarder de près, on s’apercevra là comme en d’autres circonstances que nous avons affaire à des esprits faibles, facilement endoctrinés par des idées simples et encouragés à la violence d’autant plus facilement que leur parcours les a conduits à tuer déjà ou à avoir vu tuer dans ces guerres endémiques qui ensanglantent le Moyen-Orient. On verra aussi probablement que le motif est davantage un prétexte qu’une cause.

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Dimanche, décembre 28 2014

CE MALAISE DANS LES MILIEUX CULTURELS

On le sent monter, on le lit et l’observe dans maintes protestations et prises de position, le conflit de l’été qui a perturbé nombre de festivals menace de reprendre avec les dispositions qui règlent le statut des intermittents du spectacle dont une commission doit rendre ses conclusions à la fin de l’année. Le monde culturel qui voit ici et là ses subventions rognées et ses moyens de vie se réduire est inquiet.

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Mardi, décembre 23 2014

UN DÉPART QUI M'ATTRISTE: JACQUES CHANCEL

Il venait de publier son dernier livre (son journal des années 2011/2014) sous ce titre énigmatique : « Pourquoi partir ? » et c’était là tout l’homme qui transformait en question ce qui est pour chacun une évidence puisqu’il faut bien partir un jour.

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