TACHER DE GARDER SA TÊTE SUR LES ÉPAULES

L’information a fait le tour des médias et peut-être davantage, bien des gens, en tout cas en ont été informés. Voilà qu’on a retrouvé la tête du roi Henri IV qu’on croyait perdue depuis la révolution.

On savait, en effet, que pendant la période de la terreur, en 1793, une troupe d’émeutiers était venue, au nom de la Révolution mettre à sac la nécropole des rois de France dans la basilique de Saint-Denis, aux portes de Paris. On rapporte que des tombeaux ouverts aux dalles fracassées on avait tiré la dépouille des rois de France, jetés en fosse commune et recouverts de chaux vive, ainsi les corps momifiés d’Henri IV et de son fils Louis XIII auraient disparu dans cette furie iconoclaste. On peut du reste voir sur une gravure la montagne de ces débris de tombeaux érigée à l’époque devant la basilique, sur lesquels trôneront les bustes de Marat et de quelques autres « amis du peuple ». Telle était l’histoire connue. Or il s’avère qu’au moment de cet autodafé, quelques éléments de cette troupe d’émeutiers se mirent à piller les corps et emportèrent nombre de reliques : bouts d’os, objets et autres éléments de pillage. L’un d’eux, semble-t-il, s‘empara de la tête embaumée du roi Henri, dont l’état de conservation, à l’ouverture du tombeau avait frappé les observateurs. On apprend aujourd’hui que cette dernière, authentifiée par des experts, serait réapparue en Allemagne, aurait été vendue à un antiquaire français de Dinard, à Drouot en 1913 pour la somme de trois francs de l’époque, que ce dernier aurait eu du mal à la faire reconnaître comme étant celle du roi et qu’elle aurait fini, cédée à un collectionneur chez qui elle a été retrouvée il y a deux ans. La France, aime de telles histoires en marge de la grande Histoire car elle aime les grands hommes à un point tel qu’elle les préfère morts que vivants, quitte à s’en disputer les reliques. Les Bourbons eux ont eu bien du mal à garder leur tête intacte comme le montre l’exemple de ce pauvre Louis XVI et il est aujourd’hui bien des leaders populistes qui s’accommoderaient encore de porter les têtes des puissants qui nous gouvernent au bout de leurs piques. Pour l’instant, du moins, ces piques ne sont que verbales, puisse-t-on s’en contenter.