TAXATION DES ŒUVRES D’ART : LA CHASSE AUX RICHES CONTINUE

Enfin ça y est se diront les plus acharnés des censeurs, on va enfin taxer les œuvres d’art, enfin, plus exactement les possesseurs d’œuvres d’art, c’est-à-dire les riches. En a-t-on assez vus de ces « Pinault » de ces « Arnault » et autres « Cardin », collectionneurs, créateurs de fondations célèbres, acheteurs d’art et accessoirement propriétaires de maisons d’enchères, rivaliser d’audace, abattant des millions de dollars pour l’acquisition de chefs d’œuvres d’art ancien ou contemporain et tenant ainsi tête aux grandes fortunes américaines et celles du golfe. À la casserole fiscale ! Comme tout le monde ! Ils seront frits à la sauce républicaine ! Voilà qui sent bon le fricot révolutionnaire.

Eh quoi, Mitterrand en son temps, trop sensible aux Beaux-Arts, s’y était opposé? Qu’à cela ne tienne, il y a aujourd’hui au gouvernement et au parlement des hommes autrement déterminés à fermer toutes ces niches où se logent les « pigeons » ! Qu’importe après tout que l’on vienne d’inaugurer au Musée d’art moderne de la ville de Paris la donation d’un grand collectionneur allemand qui a choisi notre pays « parce que c’est là qu’il a acquis son amour de l’art » ! Qu’importe que dans tel ou tel musée de France ou de Navarre on lise à côté des œuvres : « don de M. ou Mme Untel », qu’importe que s’ouvre à la fin de la semaine la plus grande foire d’art contemporain de France, la FIAC, qui attire des amateurs du monde entier, l’achat et la possession des œuvres d’art est un signe de distinction sociale favorisé par l’aisance financière auquel il doit être mis fin ! Mais quoi, me direz-vous, vous vous emballez, mais après tout, on ne taxera que les œuvres au-delà de 50 000€ et à ce prix, il y a bien peu de petits collectionneurs qui seront touchés, du reste la plupart de ceux-là ne payent pas d’ISF et à tout prendre, cela ne touchera que…quoi ?.. deux, trois pour cent, cinq peut-être, des contribuable et pour moins d’une centaine de millions d’euros au total ! Certes, certes, mais quels dégâts pour une mesure une fois de plus symbolique. La France va apparaître de plus en plus comme défavorable aux transactions artistiques, les maisons d’enchères se recentreront à l’étranger, les œuvres d’art quitteront le pays, les fondations de droit international fleuriront et draineront les œuvres d’art, le marché au noir refleurira. On a déjà connu ça. Il n’est que de rechercher la trace des œuvres majeures d’art français dans les musées étrangers qui ont su acheter chaque fois que la France a montré quelque faiblesse. Déjà les grands musées du Golfe achètent tout à des prix faramineux. Qui voudra conserver la possession d’œuvres d’art taxées année après année et qui ne rapportent rien tant qu’elle ne sont pas vendues et dont la vente n’est jamais la garantie qu’elle auront un rapport proportionnel au prix que leur contemplation donne au collectionneur ? Que sera le négoce des objets d’art en France après cette mesure dont un Ministre et non des moindres a dit récemment que « c’est une mauvaise idée et que ça aboutirait au départ vers l’étranger d’une bonne partie du patrimoine français » (Michel Sapin). Mais que vaut un sage avertissement là où la volonté de placer des « marqueurs idéologiques » l’emporte sur le bon sens ! Et le Président, qu’en pense-t-il ? Sa Ministre de la culture s’est clairement opposée à la mesure, mais lui ? Sera-t-il un Mitterrand soucieux de culture et de rayonnement culturel français, ou bien un homme soucieux de voir se ressouder sa majorité autour de ce qui, comment disait-on hier ? « clive » la société et les classes sociales. Et les artistes français dans tout çà, qui les achètera, quel florissant négoce les défendra ? Oh ça, c’est une autre question !